lundi 26 mars 2007

République des Blogs - 28 mars


Merci à vous tous qui êtes de plus en plus nombreux à passer par ce blog.

Juste pour vous signaler que je serai présent demain soir 28 mars à Paris pour la République des Blogs, aux côtés de Quitterie Delmas et Virginie Votier (les Jeunes Libres), mais aussi Tatiana Faria et Natacha Quester-Siméon (les Humains Associés, Nethique, Mémoire vive...), Tristan Mendès-France, Carlo Revelli (Agora Vox), Casabaldi (réseau Freemen), Sylvain Lapoix (Marianne2007.info) et beaucoup d'autres...

Venez nombreux !
A partir de 19 heures, au Pavillon Baltard, 9 rue Coquillère, Paris.
C'est juste derrière la Bourse du Commerce, quasiment à l'angle avec la rue du Louvre.
Métro Les Halles ou Louvre Rivoli.

vendredi 23 mars 2007

Alejandro Jodorowsky parle : Bouddharkozy

Vendredi dernier, à Paris, Alejandro Jodorowsky, heureux de m'expliquer la confiance qu'il place en son amie la présidente chilienne Michelle Bachelet, me communiquait le texte suivant, rédigé pour sa rubrique de "la bonne nouvelle", dans le cadre du JT espagnol. Décapant.



Les politiciens ont oublié ce qu'est l'être humain essentiel. Ils mendient des votes, exhibent un Ego ignoblement enflé et nous présentent l'image d'une humanité noyée dans les problèmes économiques. Ils baptisent "politique" leurs limites spirituelles. M. Sarkozy (ainsi que Mme Royal), pris au piège de sa triste illusion matérialiste, méconnaît absolument ce que les sages recherchent depuis des millénaires : l'illumination. Un état de transparence mentale où les frontières matérielles et psychologiques disparaissent, et où l'individu s'unit à l'humanité entière et à l'univers.
Par un hasard délicieux, M. Sarkozy, dans un instant de distraction extrême, s'est oublié pendant une seconde. Son Être Essentiel en a profité pour s'emparer de son corps et de son âme. Lors d'un instant si fugace que personne ne s'en est rendu compte, le politicien s'est transformé en Bouddha serein. Les mains jointes dans un geste de dévotion absolue, le regard béatement tourné vers l'origine de l'univers, un téléphone entre ses jambes devenu phallus sanctifié. A son poignet, la montre n'a pas de chiffres : le temps est infini. Une fois ce moment passé, l'ignominie politique et l'egomanie l'ont envahi de nouveau. Mais il nous reste un espoir : il est possible qu'un jour Sarkozy rencontre sa bouddhéité et devienne un être utile pour le monde, pour tout le monde. Nous souhaitons la même chose à Mme Royal.


Alejandro Jodorowsky





Los polìticos han olvidado lo que es el ser humano esencial. Mendigando votos y exhibiendo un Ego dilatado hasta la asquerosidad, nos presentan la imàgen de un hombre ahogado en lo econòmico, llamando a sus lìmites espirituales"polìtica". El señor Sarkozy (tanto como la señora Royal) enredado en su triste ilusiòn materialista, desconoce por completo aquello que durante milenios los sabios han buscado: la iluminaciòn. Un estado de transparencia mental donde no hay fronteras ni marteriales ni psicologòcas y el individuo se hace uno con la humanidad entera y el cosmos.
Por un hermoso azar el señor Sarkozy en un instante de extrema distracciòn, se olvidò de si mismo, segundo que aprovechò su Ser Esencial para apoderarse de su cuerpo y su alma. De manera tan fugaz quenadie se diò cuenta, el politico se convirtiò en un sereno Buda. La manos juntas en entrega absoluta, la mirada beata llegando al orìgen del universo, un telèfono entre las piernas convertido en santo falo. En la muñeca un reloj que perdiò sus nùmeros (tiempo infinito). Pasado e se segundo, la asquerosidad polìtica y egòmana lo invadiò nuevamente. Pero queda una esperanza: es posible que un dìa Sarkopzy encuentre su estado bùdico y entonces se convierta en unserde provecho para el mundo, para todo el mundo. Cosa que le deseamos tambièna la señora Royal.


Alejandro Jodorowsky

jeudi 22 mars 2007

Ce qui fonde nos forces échappe à l'effondrement.

pour Quitterie, en souvenir du 19 mars


"Il semblait porter un trésor fragile. Il me semblait même qu’il n’y eut rien de plus fragile sur terre." Saint-Exupéry, Le Petit Prince

Quitterie, tu me dis que tu n'oublieras jamais cette rencontre avec Pierre Sudreau.
Pour ma part, je n'oublierai jamais cette photo.



Quelle belle image que ces deux générations côte à côte, portant la même espérance pour l'homme, cette lumière qui sourd du tréfonds de l'âme, bravant la mort et nos faiblesses.

Trésor fragile de l'espérance.

En elle, je reconnais la mienne.
Celle de révèler le feu sacré qui veille dans le coeur de tous.

"Retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable, enseveli par les ruines monstrueuses de ses actes absurdes." Etty Hillesum

Il y aura une Sixième République. Il y aura une Renaissance. Politique, sociale, culturelle, artistique et spirituelle. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'elle soit d'espérance et de clarté.
Tous, nous serons les acteurs et témoins de sa conscience.

Et puis l'inertie et l'entropie, toutes les forces de pesanteur en l'homme, les vieilles peaux des peurs, des dogmes, de l'habitude, du confort intellectuel, des certitudes mortes ou empesées, lentement feront leur oeuvre,
lentement sans doute mineront ses feux.

D'autres à leur tour reprendront le flambeau, inventeront un jour une autre République, un autre monde.

Toute forme naît, murît et fane. C'est la loi de la Vie et c'est une loi juste.
Ton enveloppe et la mienne, nos enfants, nul n'y échappe.

Mais ce qui fonde nos forces échappe à l'effondrement.

Ce qui fonde nos forces, rayonne derrière tes yeux, justifie ton sourire, est plus vaste que nous.

Partir à chaque instant de ce qui, en soi, respire de plus vaste que soi.
Partir en nous du plus faible, du plus vulnérable en l'homme, parce que là est sa grandeur et son envol, son unique fenêtre vers les hauteurs.

Il s'agit aujourd'hui d'entrer en résistance. En résistance contre toute forme de comportement ou d'attitude sectaire, fondée sur la peur de l'autre, de l'inconnu, de la différence.

En résistance contre l'inertie et l'indolence, la mesquinerie et la médiocrité, le préjugé, le jugement facile, l'idée arrêtée.

En résistance contre soi-même, au nom de la Vie.

Soyons incandescents, fiers et libres. Déployons enfin nos ailes.
Nous pouvons être des lumières qui marchent.

"A m'enfermer dans quelque passion partisane, je risque d'oublier qu'une politique n'a de sens qu'à condition d'être au service d'une évidence spirituelle" Pierre de Benouville

Oui, mille fois oui... Et puis, tu sais :"Je ne vois pas d'autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu'il n'est déjà." Etty Hillesum

"Le drame de l'être humain, c'est qu'il veut être un adulte fort, honoré, et il oublie qu'il est un petit enfant en quête de communion." Jean Vanier

"Créer, c'est résister. Résister, c'est créer". Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey, signataires de l'Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944

Nous lutterons pour cela, Quitterie.

De toutes nos forces. Ensemble.

mercredi 14 mars 2007

L'ultime clivage


Il y a un espace en l'homme,
quelque part au loin de l'homme,
et pourtant si proche.

Au coeur de l'homme, tout au centre,
il y a comme une lumière qui vibre.

Elle est parfois lointaine lueur, étoile, sourire fragile de l'espérance.

Parfois lumière franche, crue, déchirant le ciel de l'âme en un coup de tonnerre,
celui de la rencontre, avec l'autre, cet autre soi-même,
celle qui fait chavirer l'âme et nous précipite dans une incandescence en miroir.

Il y a ce vaste espace au coeur de l'homme, à la fine pointe de l'être.

Quand une femme, quand un homme le met au jour, cette femme-là, cet homme-là est sauvé.

Cet espace est celui de la Foi qui déplace les montagnes ;

Cet espace est celui de l'Être et de la Transparence ;

Cet espace est de résistance ;

Cet espace échappe à toute fixité.

Cet espace est nu comme la grâce,
vulnérable comme un nouveau-né,
fragile comme un oeuf dans la main d'un enfant.

Cet espace de la conscience est accessible à chaque instant
d'un seul geste intérieur.

Un geste qui apaise et ouvre le chemin,
un geste qui réconcilie l'inconciliable,
un geste qui sait unir les contraires, embrasse tous les paradoxes et contradictions dont nous sommes cousus.

Un geste qui naît de la différence et de l'inconnu,
de l'accueil en nous de l'ombre, génitrice de toutes les lumières.

Un geste d'une telle souplesse, d'une telle multiplicité que rien ne peut l'arrêter.
Un geste d'envol,
un geste d'ancrage au coeur de cet envol.

Une intention consciente.

Un geste qui aime.

dimanche 11 mars 2007

Chansons de la plus haute Tour (2) - le Making of du livret

De retour sur le blog après une semaine hors de France.
Mille excuses à celles et ceux qui ont dû patienter pour voir leur commentaire affiché... et merci à tous, votre soutien m'est précieux !

Il y a quelques semaines, je vous présentais les premières illustrations d’Ananda pour le livret de Chansons de la plus haute Tour. Voici la totalité de son travail sur l’album.
Tout, de A à Z, a été conçu et fignolé ensemble, dans le moindre détail ! Ananda vous raconte le making-of sur son blog :
http://ananda-unpointctout.blogspot.com/

Ma version des faits n'est pas vraiment différente... je n'ai donc pas grand-chose à ajouter ! J'avais simplement envie de partager avec vous ces illustrations et photos retravaillées, sous forme de calques, transparents comme les souvenirs et la nostalgie.
L'idée majeure était de travailler sur les couleurs chaudes (les toiles d'Ananda dans ces tons m'avaient bluffé il y a déjà quelques années) et j'imaginais comme de petites vignettes de lumière dans la nuit. J'aime les couleurs qui ressortent sur fond noir, comme les lumières de la ville, un sourire ou un instant de grâce en un temps ou en un lieu sordide.


"Si seulement nous avions le courage des oiseaux qui chantent dans le vent glacé" a chanté Dominique A.
L'idée est d'Ananda, pour accompagner la photo où j'embrasse ma première amie d'enfance, Emilie !




Il fallait une jeune fille, quelque part, en écho à l'adolescence, au premier amour. J'aime beaucoup la silhouette et la perspective.
D'ailleurs, cette jeune fille semble sans visage... rappelant l'étrange personnage au visage en miroir, de Meshes of the Afternoon (1943), premier film et premier chef-d'oeuvre de la sorcière et réalisatrice Maya Deren. Totalement fortuit, mais jolie coïncidence !



Une de mes préférées, pour la belle fusion entre photo en filigrane et illustration dans l'esprit du dessin d'enfant. Dans les bois, ma mère, ma soeur... et moi sur mon petit vélo. C'est mon père qui prend la photo... l'histoire ne dit pas quels champignons nous avons rapportés ce jour-là ! L'illus qui suit est liée à un texte de Cantique des Hauteurs (Ed. Maelström et City Lights) :


La jeune fille de la plus Haute Tour est enfermée dans son corps. Le garçon au pied de la Tour est lui aussi enfermé dans son corps. Ils se regardent des heures entières, sans jamais pouvoir se rejoindre. Mais leurs yeux plongés l’un dans l’autre, échangent parfois leurs regards. Le garçon se retrouve tout en Haut, et la jeune fille au pied de la Tour. Leur pupille dilatée témoigne d’un Ailleurs, vertige de l’être au-delà des corps. Passé le regard d’Eternité, ils recouvrent leur chair brune.

J'aime vraiment beaucoup ce qu'Ananda en a fait. Tout à fait dans l'esprit. Sur la photo, mes parents, à l'âge tendre... L'album leur est dédié.
Ils sont magnifiques... et la photo pourrait être de Doisneau !
Un chat qui s'étire, vert comme ceux de Tezuka pour finir... Comment ne pas être amoureux des chats ?


Et un dernier petit détour par le recto-verso du livret... Au dos, une antenne de télévision au sommet d'un immeuble, le Ronsard, à Bourges, où j'ai grandi, juste à côté des Prés Fichaux. Au cinquième et dernier étage, il n'y avait qu'une seule porte, avec une impressionnante poignée. Enfant, je pensais que c'était Dieu qui habitait là ! En fait, c'était celle de Monsieur Julien. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit...




En plus du chat vert, trois illus se partagent la pellicule couleurs de la jaquette. Tiens, quel est cet étrange personnage tout droit sorti de l'Art Africain, qui tend éperdument un crochet malhabile vers un astre lointain...?

Voilà, vous avez fait le tour... Il ne vous reste plus qu'à entrer.

mercredi 28 février 2007

Interview Musique en forme de Sort pour Le Manuscrit

Interview de Rodolphe Massé
pour son essai Musique en forme de sort


Quel est votre parcours ?



Quand j’étais enfant, je dirigeais avec quelques copains une maison d’édition imaginaire qui publiait de nombreux magazines. Un artiste hors du commun, Jean Guérin, s’est intéressé aux histoires de science-fiction que j’écrivais et je me suis retrouvé à dix ans en studio pour enregistrer les voix de leur adaptation en feuilleton radiophonique, une expérience fondatrice pour un enfant. A 15 ans, une lettre d’encouragements d’Olivier Messiaen a changé ma vie : elle serait musique et poésie. Au terme de mes études de piano, j’ai découvert l’improvisation et donné mes premiers concerts, rencontré le compositeur Olivier Greif, travaillé avec Loïc Pierre et la Maîtrise Mikrokosmos… Je suis ensuite parti pour Bruxelles sur l’invitation de Julos Beaucarne. L’apogée de cette première période fut un concert en Suisse devant 4000 personnes en 1996. Un autre concert marquant : à Bruxelles, seul au piano, dans le cadre d’une programmation normalement réservée aux lauréats du concours Reine-Elizabeth. Parallèlement, j’ai terminé mes études de lettres, j’ai même enseigné un temps en lycée, classes de 1ère et BTS… Puis j’ai rencontré Arnaud Desjardins et Alejandro Jodorowsky qui ont confirmé l’engagement spirituel au cœur de mon parcours. Par la suite, ma passion pour l’œuvre d’Osamu Tezuka m’a amené à rejoindre les éditions Asuka alors naissantes, début 2004. J’ai adapté et préfacé pour eux plus de 150 volumes et nous avons imaginé ensemble le Guide Phénix du Manga, un outil de référence de 750 pages, dont je suis rédacteur en chef. Sur un autre registre, j’ai pu concrétiser un rêve de gosse en devenant scénariste de BD pour Disney Hachette Presse et plus précisément le Journal de Mickey. La rencontre d’Hélène Grimaud est un autre moment crucial de ces dernières années, point de départ du recueil Cantique des Hauteurs (éd. Maelström / City Lights).



A 19 ans, vous écrivez simultanément votre premier recueil de poèmes et votre premier disque de chansons piano-voix, quel est le lien qui existe, selon vous, entre écriture musicale et écriture littéraire ?



Je n’ai jamais voulu choisir entre musique et poésie ! Pourtant, il s’agit de deux médiums très différents. Je vois l’écriture poétique comme le langage porté à son point d’incandescence, le véhicule de l’idée autant que de l’émotion. La musique est un langage purement émotionnel qui peut court-circuiter l’intellect pour s’adresser au cœur sans détour. Si l’esprit est visé en premier lieu, on obtient une aberration musicale : musique élitiste et stérile qui ne s’adresse plus qu’à une poignée de musicologues. C’est comme si, sous l’influence de quelques esprits forts, le monde de la musique, particulièrement en France, avait été parasité par l’intellect et les postures sectaires depuis un demi-siècle. Heureusement, sous l’influence de Benoît Duteurtre, Jean-François Zygel, William Sheller et quelques autres, les choses commencent à bouger. Mais il reste du chemin à parcourir dans les consciences…



Vous livrez une réflexion personnelle sur la musique contemporaine et sur
vos compositeurs de prédilection, passés ou présents, pensez-vous que chacun
puisse être touché par cette " musique-sortilège " ?



Ou la musique est un charme puissant, ou elle n’est rien du tout. La musique-sortilège dont je parle est de tout temps celle qui s’adresse au plus grand nombre. Voilà pourquoi elle ignore les frontières entre répertoire populaire et savant. Bach, Vivaldi, Mozart, Beethoven, Schubert ou Satie parlent toujours au cœur de chacun, sans avoir à être expliqués… La musique dite légère est elle aussi parfois très envoûtante… Quant à la musique pop, elle n’est pas forcément légère ! Les définitions ont finalement toujours tort ; la musique est libre et n’entre pas dans ce jeu réducteur.
Ce que je tente de décrire dans Musique en forme de Sort, à travers quelques exemples, c’est la persistance, depuis les origines tribales des premiers chants et jusqu’à nos jours, d’une musique qui s’adresse au cœur de l’homme, à son essence, à cette part irréductible de l’âme qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Une musique qui nous ensorcelle en révélant la beauté de l’instant et la noblesse dont nous sommes porteurs.



Entre Bach, le minimalisme et les Beatles se tisse le lien intime du chant du monde, quels artistes contemporains perpétuent, selon vous, ce sortilège magique irrésistible ?



Philip Glass et Arvo Pärt sont deux compositeurs majeurs de notre époque sur lesquels je m’attarde, parce qu’ils ont su dépasser les cadres étroits du public habituel de la musique contemporaine, et ont été fustigés pour cela. Mais le temps travaille pour eux ! Wim Mertens est un autre exemple marquant. Tout récemment, Johann Johannsson semble confirmer ce retour aux sources magiques, émotionnelles de la musique. Il y en a beaucoup d’autres et j’essaie moi-même, peu à peu, de tendre de toutes mes forces dans cette direction. C’est d’ailleurs l’objet de la création de l’Ensemble en forme de Sort, qui se consacrera à l’interprétation de ma musique.



Pourquoi avoir choisi les éditions le Manuscrit ?



C’est par Albert Barillé (créateur mondialement célèbre des séries Il était une fois… l’Homme, l’Espace, la Vie…) que j’ai découvert les éditions ! Mon enfance avait été bouleversée par le regard de ce pédagogue de génie qui donnait du sens à la marche de l’humanité, ce que l’école ne faisait pas forcément, hélas… J’ai particulièrement aimé son recueil de pensées pour le Manuscrit. En me renseignant sur l’éditeur, j’ai trouvé sa démarche novatrice très importante pour notre époque. Et j’avais envie de publier Musique en forme de Sort dans l’urgence, ce qui n’aurait pas été possible ailleurs. Le Manuscrit était donc le partenaire idéal pour un tel projet, et l’initiateur d’une démarche qui me tient à cœur et que je souhaite aussi soutenir.



Quels sont vos projets d'écriture ?



Je termine les révisions de Grimoire en forme de Sort, prévu de longue date aux éditions Maelström, dont la première version avait circulé presque sous le manteau, relayée par Internet jusqu’à des sites américains. Ce journal-essai, écrit il y a trois ans, développe la notion de conscience magique abordée dans Musique en forme de Sort, qui est en quelque sorte son jumeau musical. Grimoire propose à chaque lecteur de devenir le magicien de son quotidien et de son destin, en utilisant les ressources insoupçonnées de l’imagination créatrice. Je suis d’ailleurs persuadé que le dépassement du clivage entre la dimension horizontale, sociale et politique de l’existence et sa dimension verticale, artistique, magique et spirituelle, est un enjeu majeur de notre temps.
Je souhaite aussi investir davantage les possibilités qu’offre la bande dessinée et aborder le cinéma d’ici quelques années, en tant qu’auteur-réalisateur. Quand j’ai dit à mon ami Jodorowsky que son dernier ouvrage, Mû, le Maître et les Magiciennes, ferait un film magnifique, il m’a répondu en me regardant droit dans les yeux : " Fais-le ! " J’ai éclaté de rire, mais qui sait ? Je pense surtout à Ismélia, un projet datant de mon adolescence, que j’aimerais tourner en noir et blanc, comme un Bergman. Et je rêve d’un film sur l’avenir de l’espèce humaine, aujourd’hui compromis, donnant à voir une humanité pleinement spiritualisée dans un très lointain futur, proche par certains aspects de la vision du Jeu des perles de verre d’Hermann Hesse... En fait, j’aimerais plus que tout rendre compte du jeu de l’amour invisible qui compose et articule chaque être et chaque chose de ce monde.

Interview en ligne sur le site de l'éditeur : http://www.manuscrit.com/Edito/Auteur/Pages/masse_rodolphe_musique_en_forme_de_sort.asp


Julos Beaucarne, le Jaseur Boréal

Le Julos nouveau est arrivé...
Le Jaseur Boréal (Harmonia Mundi) est peut-être son plus bel album depuis trente ans.
Plus je l'écoute, et plus je l'aime. Heureux de voir mon deuxième père en pleine forme !

Julos y retrouve la simplicité des arrangements acoustiques qui convient si bien à son univers puissant, tendre et humaniste, d'une grande sincérité.
Voilà un disque qui confirme combien la voix de Julos est importante aujourd'hui, combien son oeuvre de poète-chanteur compte, aux côtés de Brassens et Béart.
En Belgique, tout le pays a fêté ses soixante-dix printemps.
Julos qui nous téléphonait l'autre jour, fidèle à lui-même, vingt ans depuis cinquante ans et l'âme ouverte à tous les vents du monde ; les pieds bien plantés sur la terre, les yeux tournés vers les hauteurs.





Il y a trente-deux ans, Loulou (Louise Hélène France), la compagne de Julos, maman de ses deux petits garçons alors âgés de cinq et dix ans, Christophe et Boris, était assassinée. Le soir du drame, Julos trouve la force d'écrire cette Lettre Ouverte désormais célèbre. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore :

Amis bien aimés,
Ma Loulou est partie pour le pays de l'envers du décor, un homme lui a donné neuf coups de poignard dans sa peau douce. C'est la société qui est malade, il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour et la persuasion.
C’est l’histoire de mon petit amour à moi arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage ni vous ni moi. Je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et nos deux chéris qui lui ressemblent. Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine.
Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses ; on doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller au paradis. Ah comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles...

En attendant, à vous autres, mes amis d'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui :
je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.
Je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.

Pour en savoir plus sur l'oeuvre de Julos, la page de l'encyclopédie Wikipédia qui lui est consacrée, fort bien faite :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julos_Beaucarne

et son site internet :
http://www.julos.be/ pourvu d'un forum hyper-actif !


jeudi 22 février 2007

Ludwig B. tome 2 : le supplément manquant !

Il sort demain vendredi 23 février : le second tome de LUDWIG B. d'Osamu TEZUKA, que j'ai présenté sur France Musique la semaine dernière.

Les suppléments rédigés pour le volume 2 de LUDWIG B. ont souffert d'un petit problème de P.A.O. Le texte du supplément "LUDWIG B. APRES TEZUKA" est bien complet mais la page numérotée "2" n'est pas à lire : elle est un doublon décalé de la page 3.

D'autre part, il manque un deuxième supplément... auquel je tenais assez, puisque j'y proposais quelques pistes, à titre purement indicatif, pour aller plus loin avec LUDWIG B. Je vous le propose sans plus tarder...



POUR ALLER PLUS LOIN AVEC LUDWIG B.

Discographie

Parmi les multiples enregistrements disponibles, voici à titre d’indication, quelques enregistrements de référence, et souvent à petit prix :

Symphonies :

Intégrale des Symphonies par Nikolaus Harnoncourt et l’Orchestre de Chambre d’Europe (Teldec)

Œuvres pour piano :

Les grandes Sonates pour piano par Rudolf Serkin (Columbia Legends, Sony Classics)

Musique de chambre :

Sonates pour violon et piano, pour violoncelle et piano, par Christian Ferras et Pierre Barbizet, Eric Heidsieck et Paul Tortelier (Emi Classics)

L’intégrale des Quatuors à cordes, par le Quatuor Alban Berg (Emi Classics, également disponibles en DVD)

Concertos :

Les Concertos, par Christian Zacharias, Kurt Masur, Heinrich Schiff… (Emi Classics)

Et pour découvrir ou redécouvrir la Fantaisie Chorale à l’origine de l’Hymne à la Joie de la Neuvième Symphonie, ou la sonate La Tempête : Hélène Grimaud, Credo (Deutsche Grammophon)

Bibliographie

Ludwig von Beethoven, Carnets Intimes (Buchet-Chastel)
Fascinant et très agréable à lire, ce petit recueil de textes du compositeur passe allègrement du trivial au sublime au fil des jours et contient en outre le Testament d’Heiligenstadt.

Deux biographies de référence :

Ludwig van Beethoven, par Jean et Brigitte Massin (Fayard)
La biographie « classique » par excellence, disponible depuis déjà quarante ans.

Beethoven, par Maynard Solomon (Fayard)
L’autre biographie de référence, une relecture exceptionnelle et passionnante de la vie de Beethoven.

Et aussi :

Guide de la musique de Beethoven, par Elisabeth Brisson (Fayard)
Un guide complet sur l’œuvre et les coulisses de la composition.

Filmographie

Musikanten (2005), un long-métrage de Franco Battiato, avec Alejandro Jodorowsky dans le rôle de Ludwig von Beethoven !

vendredi 16 février 2007

France Musique - Papier à Musique avec Emmanuelle Gaume est en ligne...


Et voilà... Papier à Musique, c'était hier soir... et c'était, je crois, une belle émission. De très bons échos, en tout cas !

Emmanuelle est adorable et Nelly Portal, son assistante de production, s'est vraiment démenée pour cette émission (qui était à l'origine son idée), ajoutant un maximum de renseignements sur le site de France Musique.
Voilà donc le lien direct pour écouter l'émission du jeudi 15 et retrouver les infos, bio, biblio des invités, valable toute la semaine à venir (jusqu'au 22 donc) :


Quant à Musique en forme de Sort, une interview est prévue très prochainement sur le site de l'éditeur, ainsi que des flyers.

En tout cas, il est déjà possible d'acheter en ligne sur le site www.manuscrit.com ou depuis votre libraire habituel. Et très bientôt sur www.amazon.fr.

Belle rencontre avec un éditeur aux multiples facettes, que j'avais découvert grâce à Albert Barillé (le père des célèbres séries animées Il était une fois... l'Homme, l'Espace, la Vie...), qui a publié trois bouquins chez Manuscrit.

Lien direct vers Musique en forme de Sort :


mercredi 14 février 2007

Deux pages dans le Journal de Mickey du 14 février !

Mickey Mouse pour sa quatrième Mickey Enigme !
Et un second test psycho-ludique : "Es-tu un malade imaginaire ?" (la page juste avant Mickey Enigme)
Trois semaines de suite dans le Journal... je ne m'y attendais pas !
Mickey en compagnie cette semaine d'un invité de marque :
j'ai nommé... Indiana Ding !



Ou quand Dingo se prend pour Indiana Jones...
Ce personnage a donné lieu à toute une série d'aventures avec Mickey ces dernières années dans l'univers Disney.
J'avais tout d'abord écrit le scénario pour Picsou... mais les souris et les canards ne sont pas censés se rencontrer dans la série. Alors j'ai bien sûr pensé à ce cher Indiana Ding !
Pour les connaisseurs, l'énigme en elle-même est un clin d'oeil au personnage de la belle Elie, issue du célèbre shônen manga de Hiro Mashima, Groove Adventure Rave (éd. Glénat) !

Surprise aussi de me trouver déjà référencé dans la fameuse base de données internationale Inducks sur Internet...
http://coa.inducks.org/issue.php/x/fr/JM+2852
d'autant qu'il y a encore quelques semaines, ils ne créditaient pas les Mickey Enigmes.

Inducks est le fruit du gigantesque travail des collectionneurs de BD Disney du monde entier qui recensent toutes les parutions depuis les premières planches de Mickey Mouse, signées en 1930 par Floyd Gottfredon et... Walt Disney lui-même !

Tout ça me donne envie de me surpasser pour les prochains scénarios. :-)

vendredi 9 février 2007

Musique en forme de sort




Texte de l'éditeur en 4e de couverture :

Le poète et compositeur Rodolphe Massé livre ici sa confession de musicien. À une réflexion personnelle mais experte sur la musique contemporaine et ses compositeurs de prédilection, passés ou présents, du sérialisme au minimalisme, l’auteur mêle son profond respect pour la pop. Car la musique est par définition populaire. Initié ou novice le lecteur mélomane est avec surprise emporté dans ces pensées qu’il croyait inaccessibles. Et il s’en réjouit, comme il se réjouirait d’avoir osé porter l’oreille à cette musique qu’il croyait réservée à l’élite. Ouverte à tous, la musique d’hier, d’aujourd’hui et de demain est bien celle de toujours. Entre Bach, le minimalisme et les Beatles se tisse le lien intime du chant du monde, un sortilège magique irrésistible. Et nous voilà charmés.



Genre : Essai
Public(s) : tous publics

Nb de pages : 133
Prix : 13,90 euros
N°ISBN : 2-7481-8574-9
N°EAN : 9782748185744

Disponible en ligne sur www.manuscrit.com : lien direct
et très prochainement dans les grandes librairies en ligne (Amazon.fr, Fnac.com...).
Vous pouvez passer commande chez n'importe quel libraire.
Lui communiquer le numéro d'ISBN vous facilitera la tâche.

jeudi 8 février 2007

07 février : le Retour du Fantôme Noir !


Troisième scénario pour Mickey dans le Journal de Mickey sorti mercredi 7 !
Clin d'oeil cette fois à un personnage qui m'a toujours fasciné : le Fantôme Noir, créé dans les années trente par le génial Floyd Gottfredson.

Les dessins du studio Disney Comicup sont toujours aussi beaux...
Vous aurez noté que Mickey consulte les actualités sur Internet...
et les nouvelles du blog ! (enfin, c'est ce qu'il m'a dit :-))

lundi 5 février 2007

France Musique, le 15 février

Rodolphe Massé
sur France Musique

Le 15 février, de 19 à 20 h,
dans l'émission d'Emmanuelle GAUME

Rodolphe est invité à l'occasion de la parution de
LUDWIG B.
d'Osamu TEZUKA
chef-d'oeuvre inachevé du maître japonais
traduction : Jacques Lalloz
adaptation, préface, postface : Rodolphe Massé

et de la nouvelle édition du
GUIDE PHENIX DU MANGA
(Ed. ASUKA,
www.asuka.fr)









Chansons de la plus haute Tour
Le premier album de chansons de Rodolphe Massé.
Un album en solo, piano-voix.

Découvrez un extrait en avant-première sur France Musique,
dans l'émission d'Emmanuelle GAUME,
le jeudi 15 février à 19 h 00.



Thanks : Nelly Portal







JODOROWSKY / BEETHOVEN

L'ami Alejandro JODOROWSKY a interprété l'immense musicien dans MUSIKANTEN,

le long-métrage de Franco Battiato...

A voir prochainement...

en complément de la lecture de LUDWIG B. d'Osamu TEZUKA !





A noter qu'après la rétrospective cannoise de l'an dernier,

l'édition DVD intégrale des films de JODOROWSKY est en préparation en Europe,

suite au succès des éditions américaine et japonaise.

mercredi 31 janvier 2007

Mickey et Dingo au récital d'Hélène Grimaud

Nouvelle parution dans le Journal de Mickey, ce mercredi 31...
Deuxième Mickey Enigme !


Tiens, mais où sont Mickey et Dingo ?

Mais oui... je les ai envoyés au récital d'Hélène Grimaud ! ...pardon, Grumeau, car il est de coutume de maquiller les noms des personnalités.



Vous noterez qu'elle joue Bach... objet de son prochain album, si tout se passe bien. (et même si un concerto de Beethoven sortira entre temps)


Tiens ? Mais ce monsieur avec un bouquet de roses pour Hélène ? Mais oui, il existe vraiment !C'est Gilbert Szwarc, son plus fervent admirateur... et le voilà croqué par le studio Comicup !



Bon, O.K, Hélène a pris un petit coup de vieux : la coloriste lui a fait des cheveux un peu trop... blancs !

Clin d'oeil tendre à Hélène, ses proches et ses admirateurs. Pensée spéciale pour Daniel Ruard, Josiane Cipierre, Gilbert Szwarc... et la liste yahoo.

samedi 27 janvier 2007

Johann Johannsson et la musique de l'an 300.000

Ces derniers jours, j'écoute presqu'exclusivement la musique de Johann Johannsson, en particulier son premier chef-d'oeuvre : IBM 1401, A User's Manual (2006), pour soixante cordes et bande magnétique, interprété par l'orchestre philharmonique de Prague, dir. Mario Klemens... accompagné du dernier chant de l'IBM 1401, premier ordinateur "familial", enregistré en 1971 par le père de Johannsson.




Johannsson appartient à une mouvance actuelle de retour à la tonalité dans sa conception la plus basique et primitive. On pourrait appeler cette tendance DO MAJEUR, en référence à Schönberg qui écrivait : "Il reste encore beaucoup de chefs-d'oeuvre à écrire en do majeur." tant les acteurs de cette tendance ou conviction (qui est la mienne) semblent rechercher les trésors qui restent à écrire sur quelques notes et une poignée d'accords simples.


Bien sûr, cette tentative ne date pas d'hier : elle fut une salutaire réaction face au sérialisme dominant dans les années soixante, et de grands compositeurs contemporains ont tenté l'expérience - souvent avec bonheur - : Philip Glass, Michael Nyman, Wim Mertens pour ne citer que ceux-là (renouant ainsi avec les sources de la musique : émouvoir et élever par le simple ressort de sa propre émotion) mais il me semble que d'un point de vue spirituel, l'impulsion générée par les islandais Johann Johannsson et Sigur Ros, va plus loin.


Elle rejoint davantage certaines préoccupations du Arvo Pärt de Spiegel im Spiegel, sans bénéficier de la même intensité dans l'interprétation. L'enjeu n'est peut-être pas entièrement saisi. Mais IBM 1401, A User's Manual (2006) reste une oeuvre majeure de l'année écoulée, sans parler du formidable impact de la chorégraphie : la bouleversante Erna Omarsdottir unit le plus lointain passé au plus lointain futur, la naissance de l'homme et celle de la machine, la conscience humaine et l'intelligence artificielle, l'organique et le mécanique, la déchirure existentielle entre le conditionnement et l'acte libérateur. Je crois ne jamais avoir observé une telle intensité, pas même chez Guillem.

A voir absolument : un extrait vidéo du premier mouvement.







Quant à la musique de Johannsson, elle tient debout toute seule. Elle évoque les forêts de lumière des nuits de l'an 300.000, les grandes cités flottantes du plus lointain futur, le chant infiniment mélancolique du dernier homme... ou du premier cyborg.






Johannsson est aussi membre de l'Apparat Organ Quartet, qui fait revivre l'esprit du Yellow Magic Orchestra ou les très riches heures de Kraftwerk et Stereolab.

Voici le quartet (évidemment, ils ont trouvé le moyen d'être cinq !) en playmobils customisés. Une esthétique que ne renieraient ni les Daft Punk ni David Schmitt !

Johann Johannsson en concert au Nouveau Casino, Paris, le 17 février

Thanks : Ananda !

mercredi 24 janvier 2007

Cantique des Hauteurs

Cantique des Hauteurs

Ed. Maelström / City Lights

Dédié à Hélène GRIMAUD
& Manuela ARVIS


Cantique des Hauteurs est paru dans la collection Bookleg des Editions Maelström (basées à Bruxelles, dirigées par David Giannoni) et City Lights (basées à Marliano, Italie, dirigées par Antonio Bertoli, petite soeur de City Lights San Francisco).


Petit manifeste spirituel en forme d'amour.
Un recueil dédié à Hélène Grimaud et Manuela Arvis.


Dans la même collection, des titres de Jodorowsky, Ferlinghetti, Marianne Costa, Serge Noël, Evrahim Baram et bien d'autres...

Une collection internationale de poésie, performances et pamphlets... en format poche !


Quelle est cette chose dans mon corps qui a peur ;

de perdre et de mourir,

cette chose qui résiste et ne veut pas s’abandonner,

qui ne veut pas se donner à ta force,

cette chose du corps qui se sent si vulnérable,

qui respire comme une déchirure,

qui refuse transparence et douceur,

qui refuse soumission à la lumière des hauteurs,

qui est aveugle à l’union des contraires,

cette chose d’ombre et de pesanteur,

cette chose de sérieux et de glace,

cette chose qui se noie,

cette chose qui casse et se lamente,

cette chose qui craint le souffle de la Vie dans mon cou

et pourrait

te mordre, te fuir et disparaître.





Guide Phénix du Manga : le retour !

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore...


GUIDE PHENIX
DU MANGA


Nouvelle édition 2007


Collectif d'auteurs


Rédacteurs en chef : Rodolphe Massé & Adeline Fontaine



Le premier Guide de référence sur le Manga
18 euros - 750 pages + DVD
Editions ASUKA
Après le succès de la première édition fin 2005, le GUIDE PHENIX est de retour !
Un rédactionnel entièrement revu, corrigé et augmenté,
100 pages de plus,toutes les nouveautés 2006, une signalétique améliorée,
des articles pour les débutants comme pour les connaisseurs...
et un DVD exclusif DYBEX offert !
DISPONIBLE DEPUIS
DEBUT DECEMBRE

lundi 22 janvier 2007

Lumières



Le rôle de tout être humain, c'est de faire la preuve que le monde n'est pas sans raison.

"L'enfer, c'est les autres", écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L'enfer, c'est soi-même coupé des autres.

Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres.

Avoir souffert rend tellement plus perméable à la souffrance des autres.

Dieu n'est pas dans le ciel, il est dans le pauvre type qui te parle en ce moment. Le Christ est incarné dans ce voyou, ce voleur, ce menteur. La gloire de Dieu est incarnée en toi qui lis, en moi qui parle.

Tout homme porte en lui comme en creux, comme la marque de Dieu, une soif d'amour illimité.

C'est tellement complexe un homme et, jusqu'au dernier instant, tellement inachevé.

Dans la mort, il y a beaucoup plus de rencontres que de séparations.

Henri Grouès, dit l’abbé Pierre

dimanche 21 janvier 2007

Entretien ARTE

Pour ceux qui auraient manqué l'entretien pour ARTE :

http://www.arte.tv/fr/art-musique/mangarte/Plan_C3_A8te_20Manga/804184.html






et profitez-en pour jeter un oeil à Planète Manga, le mensuel manga du site d'ARTE dirigé par Nicolas Trespallé, on y chronique régulièrement les mangas ASUKA...

décembre 06 :

http://www.arte.tv/fr/art-musique/mangarte/Plan_C3_A8te_20Manga/1423592.html

novembre 06 :

http://www.arte.tv/fr/art-musique/mangarte/Plan_C3_A8te_20Manga/724016,CmC=1394304.html




La pesanteur et la grâce


"Tous les mouvements naturels de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception. Deux forces règnent sur l'univers: lumière et pesanteur. Pesanteur. - D'une manière générale, ce qu'on attend des autres est déterminé par les effets de la pesanteur en nous, ce qu'on en reçoit est déterminé par les effets de la pesanteur en eux. Parfois cela coïncide (par hasard), souvent non. Pourquoi est-ce que dès qu'un être humain témoigne qu'il a peu ou beaucoup besoin d'un autre, celui-ci s'éloigne ? Pesanteur.
(...)

La pesanteur fait descendre, l’aile fait monter : quelle aile à la deuxième puissance peut faire descendre sans pesanteur ?

"Un mode de purification : prier Dieu, non seulement en secret par rapport aux autres hommes, mais en pensant que Dieu n’existe pas. La foi suppose, pour n’être pas une simple superstition, un athéisme préalable profondément vécu, «purificateur» de toute tentation idolâtrique, et donc adorateur."

"L’attention absolument sans mélange est prière."


Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce


"Toute contrainte est impure : «Prendre puissance sur, c’est souiller, posséder, c’est souiller.» Au contraire : «Aimer purement, c’est consentir à la distance.» L’amour est retrait, il est refus de la force, il est douceur et don : «L’amour n’exerce ni ne subit la force ; c’est là l’unique pureté.» Dieu est faible («et petit...», ajoutait Alain), puisque Dieu est aimant, et que l’amour est le contraire exact de la force, comme la pesanteur l’est de la grâce."


Simone Weil, Attente de Dieu




Coffret Intégrale BLACKJACK

Le chef-d'oeuvre d'Osamu Tezuka !

17 tomes traduits par Jacques Lalloz,
adaptés et préfacés par votre serviteur...


Merci à Raph, Reno et Jacques pour leur confiance tout au long de cette belle aventure éditoriale...


et Had (Mr. Jetko) pour son grand talent de designer.




"Vous en rêviez ? Asuka l’a fait. L’intégrale BlackJack, « le chirurgien de l’impossible », le Mozart du scalpel et ombrageux héros créé par Tezuka dans les années 70 est disponible dans un superbe coffret agrémenté d’un art-book d’illustration du maître. Attention série limitée, il n’y en aura pas pour tout le monde…" Nicolas Trespallé, ARTE

Les vendeurs du Virgin Megastore des Champs-Elysées venaient de le recevoir quand je suis passé en décembre... je les entendais s'extasier devant un grand coffret bien exposé...

"Il est arrivé, le coffret Blackjack..."

"C'est vrai, où ça ??"

"Ben, là !"

"Waaaah, il est bôôô !!!"


ça fait toujours plaisir... ^_^

La musique dans Gunslinger Girl



DISPONIBLE DEPUIS LE 11 JANVIER

"Au fil des volumes, les références musicales se multiplient dans le manga-culte de Yu Aïda. L’auteur propose d’étonnants rapprochements entre cette légende urbaine des Gunslinger Girls et les mythes plus anciens de Petrouchka ou Pinocchio… Il établit aussi des parallèles avec des œuvres célèbres du répertoire, qui vont de la Tosca de Puccini au Lac des Cygnes de Tchaïkovski, en passant par l’Hymne à la Joie de la Neuvième Symphonie de Beethoven, lors d’une scène particulièrement émouvante, où les jeunes filles cyborg chantent doucement sous un ciel étoilé…"

Rodolphe Massé, La Musique dans Gunslinger Girl - nouvelle postface disponible dans le volume 7

www.asuka.fr

mercredi 17 janvier 2007

17 janvier 2007 : premier scénario dans le Journal de Mickey !



Mon tout premier scénario pour Disney paraît aujourd'hui mercredi 17 janvier dans le Journal de Mickey.
Il s'agit de la mythique Mickey Enigme, à la fin du journal, paraît-il la première page sur laquelle se ruent les enfants (c'était en effet mon cas...).
C'est remarquablement dessiné par le studio européen Disney Comicup, une sacrée bande d'artistes hyper-doués...
A noter que mon premier test psycho-ludique "Es-tu passionné(e) ?" est également publié cette semaine.

Merci à Jac Lelièvre et Jean-Luc Cochet pour la belle journée de lundi !




Et dans le Journal de la BD, le supplément du Journal de Mickey, un scénario de Lewis Trondheim pour Mickey, illustré par Yoann, à ne pas manquer !

jeudi 11 janvier 2007

Chansons de la plus haute Tour

Eh bien voilà...
Chansons de la plus haute Tour devrait ressembler à ça.







Il s'agit du premier album de chansons, en solo, piano-voix en préparation.
La conception graphique et les illustrations sont d'Ananda (http://ananda-unpointctout.blogspot.com/), une jeune plasticienne qui n'est avare ni de temps ni de talent. L'ensemble de son travail sur le livret, à partir de ses illustrations et de photos retravaillées est simplement magnifique.

Il y a dix-sept ans, jour pour jour...

Dans nos bras qui s'unissent
Naît le vent doux qui calme la douleur
Qui détruit la faiblesse et la mort

Jean Zimmermann, 1926 (Feuillages de pierre)