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lundi 11 juin 2007

Du neuf !



De retour après quelques semaines de silence, et trop peu de temps à consacrer au blog, hélas !...

Parue il y a déjà quelques jours (et encore disponible lundi 11 et mardi 12), la dernière Mickey Enigme dans le Journal de Mickey.

Cette fois, un clin d'oeil à quatre amies qui se reconnaîtront : Juliette, Mumu, Ananda et Réginette (Régine Halflants)... Quatre amies de longue date que j'embrasse bien fort ! ;-)

Dans un tout autre genre, je me régale à adapter les premiers volumes des romans de Yoshiki Tanaka, sur une traduction de l'excellent Jacques Lalloz, un grand classique de l'héroïc-fantasy japonaise : les Chroniques de la Guerre d'Arslân. Bien connu des amateurs d'animation japonaise grâce à la série d'OAV. Grâce aussi aux illustrations du grand Yoshitaka Amano.




Une série de romans sur laquelle Jacques et moi planchons pour les éditions Calmann-Lévy, via Kaze. Il s'agit en réalité d'une variation sur un classique de la littérature persane, Amir Arsalan... ce qui explique le lien direct entre le Royaume de Parse et la Perse antique.



Enfin, impossible pour moi de ne pas vous signaler une sortie DVD attendue depuis des années... Les chefs-d'oeuvre de Jodorowsky enfin disponibles chez Wild Side : un coffret 4 DVD comprenant trois des films-cultes de Jodo vient de paraître, avec au programme Fando et Lis (1968), d'après la pièce d'Arrabal, El Topo (1971), western halluciné, le préféré de John Lennon et La Montagne Sacrée (Holy Mountain, 1973), considéré par le Dictionnaire de l'Esotérisme comme l'une des dix oeuvres essentielles de l'Histoire, entre les pyramides d'Egypte, les Danses Sacrées de Gurdjieff et les Jardins suspendus de Babylone !...

Tous trois ahurissants, dans une version restaurée magnifique, et commentée par l'ami Alejandro en personne.




En bonus, le documentaire Midnight Movies, avec tous les films qui ont marqué l'histoire des grand-messes du cinéma de minuit aux Etats-Unis, de l'initiateur (Jodorowsky avec El Topo) à celui qui ferma la marche (David Lynch avec Eraserhead)...


Et El Topo, disponible également seul en édition collector 2 DVD.





Allez, une autre illustration d'Amano, rien que pour le plaisir des yeux...



C'est tout pour l'instant... mais beaucoup à dire en cette période troublée... donc à très vite !

vendredi 23 mars 2007

Alejandro Jodorowsky parle : Bouddharkozy

Vendredi dernier, à Paris, Alejandro Jodorowsky, heureux de m'expliquer la confiance qu'il place en son amie la présidente chilienne Michelle Bachelet, me communiquait le texte suivant, rédigé pour sa rubrique de "la bonne nouvelle", dans le cadre du JT espagnol. Décapant.



Les politiciens ont oublié ce qu'est l'être humain essentiel. Ils mendient des votes, exhibent un Ego ignoblement enflé et nous présentent l'image d'une humanité noyée dans les problèmes économiques. Ils baptisent "politique" leurs limites spirituelles. M. Sarkozy (ainsi que Mme Royal), pris au piège de sa triste illusion matérialiste, méconnaît absolument ce que les sages recherchent depuis des millénaires : l'illumination. Un état de transparence mentale où les frontières matérielles et psychologiques disparaissent, et où l'individu s'unit à l'humanité entière et à l'univers.
Par un hasard délicieux, M. Sarkozy, dans un instant de distraction extrême, s'est oublié pendant une seconde. Son Être Essentiel en a profité pour s'emparer de son corps et de son âme. Lors d'un instant si fugace que personne ne s'en est rendu compte, le politicien s'est transformé en Bouddha serein. Les mains jointes dans un geste de dévotion absolue, le regard béatement tourné vers l'origine de l'univers, un téléphone entre ses jambes devenu phallus sanctifié. A son poignet, la montre n'a pas de chiffres : le temps est infini. Une fois ce moment passé, l'ignominie politique et l'egomanie l'ont envahi de nouveau. Mais il nous reste un espoir : il est possible qu'un jour Sarkozy rencontre sa bouddhéité et devienne un être utile pour le monde, pour tout le monde. Nous souhaitons la même chose à Mme Royal.


Alejandro Jodorowsky





Los polìticos han olvidado lo que es el ser humano esencial. Mendigando votos y exhibiendo un Ego dilatado hasta la asquerosidad, nos presentan la imàgen de un hombre ahogado en lo econòmico, llamando a sus lìmites espirituales"polìtica". El señor Sarkozy (tanto como la señora Royal) enredado en su triste ilusiòn materialista, desconoce por completo aquello que durante milenios los sabios han buscado: la iluminaciòn. Un estado de transparencia mental donde no hay fronteras ni marteriales ni psicologòcas y el individuo se hace uno con la humanidad entera y el cosmos.
Por un hermoso azar el señor Sarkozy en un instante de extrema distracciòn, se olvidò de si mismo, segundo que aprovechò su Ser Esencial para apoderarse de su cuerpo y su alma. De manera tan fugaz quenadie se diò cuenta, el politico se convirtiò en un sereno Buda. La manos juntas en entrega absoluta, la mirada beata llegando al orìgen del universo, un telèfono entre las piernas convertido en santo falo. En la muñeca un reloj que perdiò sus nùmeros (tiempo infinito). Pasado e se segundo, la asquerosidad polìtica y egòmana lo invadiò nuevamente. Pero queda una esperanza: es posible que un dìa Sarkopzy encuentre su estado bùdico y entonces se convierta en unserde provecho para el mundo, para todo el mundo. Cosa que le deseamos tambièna la señora Royal.


Alejandro Jodorowsky

jeudi 22 mars 2007

Ce qui fonde nos forces échappe à l'effondrement.

pour Quitterie, en souvenir du 19 mars


"Il semblait porter un trésor fragile. Il me semblait même qu’il n’y eut rien de plus fragile sur terre." Saint-Exupéry, Le Petit Prince

Quitterie, tu me dis que tu n'oublieras jamais cette rencontre avec Pierre Sudreau.
Pour ma part, je n'oublierai jamais cette photo.



Quelle belle image que ces deux générations côte à côte, portant la même espérance pour l'homme, cette lumière qui sourd du tréfonds de l'âme, bravant la mort et nos faiblesses.

Trésor fragile de l'espérance.

En elle, je reconnais la mienne.
Celle de révèler le feu sacré qui veille dans le coeur de tous.

"Retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable, enseveli par les ruines monstrueuses de ses actes absurdes." Etty Hillesum

Il y aura une Sixième République. Il y aura une Renaissance. Politique, sociale, culturelle, artistique et spirituelle. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'elle soit d'espérance et de clarté.
Tous, nous serons les acteurs et témoins de sa conscience.

Et puis l'inertie et l'entropie, toutes les forces de pesanteur en l'homme, les vieilles peaux des peurs, des dogmes, de l'habitude, du confort intellectuel, des certitudes mortes ou empesées, lentement feront leur oeuvre,
lentement sans doute mineront ses feux.

D'autres à leur tour reprendront le flambeau, inventeront un jour une autre République, un autre monde.

Toute forme naît, murît et fane. C'est la loi de la Vie et c'est une loi juste.
Ton enveloppe et la mienne, nos enfants, nul n'y échappe.

Mais ce qui fonde nos forces échappe à l'effondrement.

Ce qui fonde nos forces, rayonne derrière tes yeux, justifie ton sourire, est plus vaste que nous.

Partir à chaque instant de ce qui, en soi, respire de plus vaste que soi.
Partir en nous du plus faible, du plus vulnérable en l'homme, parce que là est sa grandeur et son envol, son unique fenêtre vers les hauteurs.

Il s'agit aujourd'hui d'entrer en résistance. En résistance contre toute forme de comportement ou d'attitude sectaire, fondée sur la peur de l'autre, de l'inconnu, de la différence.

En résistance contre l'inertie et l'indolence, la mesquinerie et la médiocrité, le préjugé, le jugement facile, l'idée arrêtée.

En résistance contre soi-même, au nom de la Vie.

Soyons incandescents, fiers et libres. Déployons enfin nos ailes.
Nous pouvons être des lumières qui marchent.

"A m'enfermer dans quelque passion partisane, je risque d'oublier qu'une politique n'a de sens qu'à condition d'être au service d'une évidence spirituelle" Pierre de Benouville

Oui, mille fois oui... Et puis, tu sais :"Je ne vois pas d'autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu'il n'est déjà." Etty Hillesum

"Le drame de l'être humain, c'est qu'il veut être un adulte fort, honoré, et il oublie qu'il est un petit enfant en quête de communion." Jean Vanier

"Créer, c'est résister. Résister, c'est créer". Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey, signataires de l'Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944

Nous lutterons pour cela, Quitterie.

De toutes nos forces. Ensemble.

mercredi 14 mars 2007

L'ultime clivage


Il y a un espace en l'homme,
quelque part au loin de l'homme,
et pourtant si proche.

Au coeur de l'homme, tout au centre,
il y a comme une lumière qui vibre.

Elle est parfois lointaine lueur, étoile, sourire fragile de l'espérance.

Parfois lumière franche, crue, déchirant le ciel de l'âme en un coup de tonnerre,
celui de la rencontre, avec l'autre, cet autre soi-même,
celle qui fait chavirer l'âme et nous précipite dans une incandescence en miroir.

Il y a ce vaste espace au coeur de l'homme, à la fine pointe de l'être.

Quand une femme, quand un homme le met au jour, cette femme-là, cet homme-là est sauvé.

Cet espace est celui de la Foi qui déplace les montagnes ;

Cet espace est celui de l'Être et de la Transparence ;

Cet espace est de résistance ;

Cet espace échappe à toute fixité.

Cet espace est nu comme la grâce,
vulnérable comme un nouveau-né,
fragile comme un oeuf dans la main d'un enfant.

Cet espace de la conscience est accessible à chaque instant
d'un seul geste intérieur.

Un geste qui apaise et ouvre le chemin,
un geste qui réconcilie l'inconciliable,
un geste qui sait unir les contraires, embrasse tous les paradoxes et contradictions dont nous sommes cousus.

Un geste qui naît de la différence et de l'inconnu,
de l'accueil en nous de l'ombre, génitrice de toutes les lumières.

Un geste d'une telle souplesse, d'une telle multiplicité que rien ne peut l'arrêter.
Un geste d'envol,
un geste d'ancrage au coeur de cet envol.

Une intention consciente.

Un geste qui aime.

mercredi 28 février 2007

Julos Beaucarne, le Jaseur Boréal

Le Julos nouveau est arrivé...
Le Jaseur Boréal (Harmonia Mundi) est peut-être son plus bel album depuis trente ans.
Plus je l'écoute, et plus je l'aime. Heureux de voir mon deuxième père en pleine forme !

Julos y retrouve la simplicité des arrangements acoustiques qui convient si bien à son univers puissant, tendre et humaniste, d'une grande sincérité.
Voilà un disque qui confirme combien la voix de Julos est importante aujourd'hui, combien son oeuvre de poète-chanteur compte, aux côtés de Brassens et Béart.
En Belgique, tout le pays a fêté ses soixante-dix printemps.
Julos qui nous téléphonait l'autre jour, fidèle à lui-même, vingt ans depuis cinquante ans et l'âme ouverte à tous les vents du monde ; les pieds bien plantés sur la terre, les yeux tournés vers les hauteurs.





Il y a trente-deux ans, Loulou (Louise Hélène France), la compagne de Julos, maman de ses deux petits garçons alors âgés de cinq et dix ans, Christophe et Boris, était assassinée. Le soir du drame, Julos trouve la force d'écrire cette Lettre Ouverte désormais célèbre. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore :

Amis bien aimés,
Ma Loulou est partie pour le pays de l'envers du décor, un homme lui a donné neuf coups de poignard dans sa peau douce. C'est la société qui est malade, il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour et la persuasion.
C’est l’histoire de mon petit amour à moi arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage ni vous ni moi. Je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et nos deux chéris qui lui ressemblent. Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine.
Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses ; on doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller au paradis. Ah comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles...

En attendant, à vous autres, mes amis d'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui :
je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.
Je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.

Pour en savoir plus sur l'oeuvre de Julos, la page de l'encyclopédie Wikipédia qui lui est consacrée, fort bien faite :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julos_Beaucarne

et son site internet :
http://www.julos.be/ pourvu d'un forum hyper-actif !


lundi 5 février 2007

JODOROWSKY / BEETHOVEN

L'ami Alejandro JODOROWSKY a interprété l'immense musicien dans MUSIKANTEN,

le long-métrage de Franco Battiato...

A voir prochainement...

en complément de la lecture de LUDWIG B. d'Osamu TEZUKA !





A noter qu'après la rétrospective cannoise de l'an dernier,

l'édition DVD intégrale des films de JODOROWSKY est en préparation en Europe,

suite au succès des éditions américaine et japonaise.

samedi 27 janvier 2007

Johann Johannsson et la musique de l'an 300.000

Ces derniers jours, j'écoute presqu'exclusivement la musique de Johann Johannsson, en particulier son premier chef-d'oeuvre : IBM 1401, A User's Manual (2006), pour soixante cordes et bande magnétique, interprété par l'orchestre philharmonique de Prague, dir. Mario Klemens... accompagné du dernier chant de l'IBM 1401, premier ordinateur "familial", enregistré en 1971 par le père de Johannsson.




Johannsson appartient à une mouvance actuelle de retour à la tonalité dans sa conception la plus basique et primitive. On pourrait appeler cette tendance DO MAJEUR, en référence à Schönberg qui écrivait : "Il reste encore beaucoup de chefs-d'oeuvre à écrire en do majeur." tant les acteurs de cette tendance ou conviction (qui est la mienne) semblent rechercher les trésors qui restent à écrire sur quelques notes et une poignée d'accords simples.


Bien sûr, cette tentative ne date pas d'hier : elle fut une salutaire réaction face au sérialisme dominant dans les années soixante, et de grands compositeurs contemporains ont tenté l'expérience - souvent avec bonheur - : Philip Glass, Michael Nyman, Wim Mertens pour ne citer que ceux-là (renouant ainsi avec les sources de la musique : émouvoir et élever par le simple ressort de sa propre émotion) mais il me semble que d'un point de vue spirituel, l'impulsion générée par les islandais Johann Johannsson et Sigur Ros, va plus loin.


Elle rejoint davantage certaines préoccupations du Arvo Pärt de Spiegel im Spiegel, sans bénéficier de la même intensité dans l'interprétation. L'enjeu n'est peut-être pas entièrement saisi. Mais IBM 1401, A User's Manual (2006) reste une oeuvre majeure de l'année écoulée, sans parler du formidable impact de la chorégraphie : la bouleversante Erna Omarsdottir unit le plus lointain passé au plus lointain futur, la naissance de l'homme et celle de la machine, la conscience humaine et l'intelligence artificielle, l'organique et le mécanique, la déchirure existentielle entre le conditionnement et l'acte libérateur. Je crois ne jamais avoir observé une telle intensité, pas même chez Guillem.

A voir absolument : un extrait vidéo du premier mouvement.







Quant à la musique de Johannsson, elle tient debout toute seule. Elle évoque les forêts de lumière des nuits de l'an 300.000, les grandes cités flottantes du plus lointain futur, le chant infiniment mélancolique du dernier homme... ou du premier cyborg.






Johannsson est aussi membre de l'Apparat Organ Quartet, qui fait revivre l'esprit du Yellow Magic Orchestra ou les très riches heures de Kraftwerk et Stereolab.

Voici le quartet (évidemment, ils ont trouvé le moyen d'être cinq !) en playmobils customisés. Une esthétique que ne renieraient ni les Daft Punk ni David Schmitt !

Johann Johannsson en concert au Nouveau Casino, Paris, le 17 février

Thanks : Ananda !

lundi 22 janvier 2007

Lumières



Le rôle de tout être humain, c'est de faire la preuve que le monde n'est pas sans raison.

"L'enfer, c'est les autres", écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L'enfer, c'est soi-même coupé des autres.

Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres.

Avoir souffert rend tellement plus perméable à la souffrance des autres.

Dieu n'est pas dans le ciel, il est dans le pauvre type qui te parle en ce moment. Le Christ est incarné dans ce voyou, ce voleur, ce menteur. La gloire de Dieu est incarnée en toi qui lis, en moi qui parle.

Tout homme porte en lui comme en creux, comme la marque de Dieu, une soif d'amour illimité.

C'est tellement complexe un homme et, jusqu'au dernier instant, tellement inachevé.

Dans la mort, il y a beaucoup plus de rencontres que de séparations.

Henri Grouès, dit l’abbé Pierre

dimanche 21 janvier 2007

La pesanteur et la grâce


"Tous les mouvements naturels de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception. Deux forces règnent sur l'univers: lumière et pesanteur. Pesanteur. - D'une manière générale, ce qu'on attend des autres est déterminé par les effets de la pesanteur en nous, ce qu'on en reçoit est déterminé par les effets de la pesanteur en eux. Parfois cela coïncide (par hasard), souvent non. Pourquoi est-ce que dès qu'un être humain témoigne qu'il a peu ou beaucoup besoin d'un autre, celui-ci s'éloigne ? Pesanteur.
(...)

La pesanteur fait descendre, l’aile fait monter : quelle aile à la deuxième puissance peut faire descendre sans pesanteur ?

"Un mode de purification : prier Dieu, non seulement en secret par rapport aux autres hommes, mais en pensant que Dieu n’existe pas. La foi suppose, pour n’être pas une simple superstition, un athéisme préalable profondément vécu, «purificateur» de toute tentation idolâtrique, et donc adorateur."

"L’attention absolument sans mélange est prière."


Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce


"Toute contrainte est impure : «Prendre puissance sur, c’est souiller, posséder, c’est souiller.» Au contraire : «Aimer purement, c’est consentir à la distance.» L’amour est retrait, il est refus de la force, il est douceur et don : «L’amour n’exerce ni ne subit la force ; c’est là l’unique pureté.» Dieu est faible («et petit...», ajoutait Alain), puisque Dieu est aimant, et que l’amour est le contraire exact de la force, comme la pesanteur l’est de la grâce."


Simone Weil, Attente de Dieu




jeudi 11 janvier 2007

Il y a dix-sept ans, jour pour jour...

Dans nos bras qui s'unissent
Naît le vent doux qui calme la douleur
Qui détruit la faiblesse et la mort

Jean Zimmermann, 1926 (Feuillages de pierre)